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QU'A
FAIT UN DE MES ANCÊTRES METHODOLOGIE |
Cette page essaie de répondre simplement aux questions les plus souvent posées par les élèves. Elle n'a pas la prétention d'être exhaustive !
ETAPE 1 : CONSTRUIRE SON ARBRE GENEALOGIQUE :
- 1 –
Je veux savoir si un de mes ancêtres a participé à
la Première Guerre mondiale. Par où commencer ?
La
première étape est de réaliser son arbre
généalogique. Il est important d'y noter le nom de
jeune fille pour les femmes, la date et le lieu de naissance. La
recherche est parfois difficile en l'absence d'informations. Par
exemple, comment retrouver le lieu de naissance d'une personne dont on
a seulement le nom, le prénom, l'âge ? S'il n'est pas de la commune où
il a vécu, il y a une bonne chance qu'il vienne d'une commune proche.
La technique de l'escargot pourra donner des résultats dans certains
cas : on part de la commune où il vivait et on cherche dans les
communes autour.
Carte des communes des cantons voisins de Sablé-sur-Sarthe
- 2 –
Jusqu'où faut-il remonter dans ma généalogie
?
Inutile de chercher les ancêtres
nés avant 1868. En effet, les hommes nés avant 1868 ne
furent pas appelés, mais il y eut des gradés et des
volontaires nés avant cette date.
ETAPE 2 : TROUVER LES INFORMATIONS SUR UN ANCÊTRE :
- 3 –
Comment puis-je savoir si les ancêtres que j'ai trouvés
ont participé à ce conflit ?
La
première piste à étudier est de vérifier
dans la base de données "Mémoire des Hommes"
si un des ancêtres n'est pas mort au combat. Si c'est le cas,
il y aura déjà des informations importantes : date et
lieu du décès, circonstances (succinctes), unité,
grade.
Voir
le mode d'emploi du site SGA – Mémoire des Hommes.
- 4 –
Un de mes ancêtres est mort pendant la guerre, pourtant il
n'est pas dans la base de données "Mémoire des
Hommes". Comment l'expliquer ?
Tous
les hommes morts pendant la guerre n'ont pas reçu la mention
« Mort pour la France ». Les « Non
morts pour la France » sont décédés
dans des accidents ou de maladies non imputables au service. Et la
liste des « Morts pour la France » a été
dressée fin 1919 ; les personnes mortes des suites de leurs
blessures après n'ont donc pas cette mention.
- 5 –
Où trouver d'autres informations sur les personnes qui ont
participé à la Première Guerre mondiale ?
Tous
les hommes de 20 ans devaient passer devant une commission qui
décidait s'ils allaient faire leur service militaire ou s'ils
allaient être ajournés ou exemptés. Les hommes
qui atteignaient l'âge de 20 ans formaient une Classe.
Ainsi les hommes né en 1890 formaient la classe 1910. A
l'occasion de leur passage devant la commission, on rédigeait
une fiche dans un registre matricule. Cette fiche était
complétée au fur et à mesure des différentes
étapes de ses devoirs militaires : passage devant la
commission, arrivée au service militaire, fin du service
militaire, campagnes effectuées, adresses, affectations,
jusqu'à la fin de ses devoirs militaires à 45 ans.
Cette fiche est une mine d'informations. Il n'y a pas tout, mais
c'est déjà beaucoup si la personne n'a transmis aucune
histoire orale (souvent perdue) ni aucun document.
- 6 –
Comment obtenir cette fiche de registre matricule ?
Il
faut quelques informations : le nom, le prénom, la date de
naissance (pour connaître la Classe) et le lieu de résidence
au moment du recensement (vers 20 ans). Heureusement, il s'agit
souvent du lieu de naissance, on déménageait moins, et
moins loin, qu'aujourd'hui. Les registres matricules sont conservés
aux Archives départementales. Il faut ensuite aller aux
Archives départementales du lieu où l'ancêtre a
été recensé.
- 7 –
Comment retrouver son ancêtre dans les registres matricules
?
Une fois que vous connaissez la
Classe et le lieu où vivait votre ancêtre à 20
ans, on peut facilement le retrouver car les militaires dressaient
une table alphabétique pour chaque classe. Pour un homme de la
classe 1910, il suffit de demander la table alphabétique de la
classe 1910. En face de son nom, on trouvera son numéro
matricule. Par exemple si son numéro matricule est 158, il
suffira de demander le registre matricule de 1910 comprenant le 158.
- 8 -
Mais il y avait plusieurs bureaux de recrutement pour un même
département. Comment savoir dans lequel était mon
ancêtre ?
Pour trouver le bon
bureau de recrutement (et donc la bonne table alphabétique),
on regarde la commune où il vivait à 20 ans. En
fonction de cette commune, on peut se diriger vers le bon bureau de
recrutement. Ainsi pour la Sarthe, il y avait deux bureaux de
recrutement : le Mans et Mamers.
Voir
les communes et les cantons qui dépendaient du bureau de
recrutement du Mans.
Voir
les communes et les cantons qui dépendaient du bureau de
recrutement de Mamers.
- 9 –
Il n'y a rien dans la fiche du registre matricule !?
Pour
certains motifs, les hommes étaient exemptés ou
ajournés. Problème de constitution physique, petite
taille (moins d' 1m54 d'après l'article 20 de la loi de 1889)
étaient les principaux motifs de réforme d'une
personne. Il est possible tout de même qu'un ancêtre
n'ait pas fait son service militaire avant la guerre mais qu'il ait
été appelé pendant la guerre : on diminua les
critères d'exemption et on fit passer plusieurs fois les
personnes exemptées devant des commissions. On avait besoin
d'hommes.
- 10 –
Mon ancêtre a fait son service militaire dans les services
auxiliaires ou a même été ajourné, et
pendant la guerre, on l'a tout de même envoyé au front
!
Les personnes ajournées mais
aussi les exemptés devaient passer devant une commission pour
voir si leur état s'était amélioré depuis
l'année précédente. Les hommes affectés
au service auxiliaire n'avaient pas la constitution physique pour
suivre un entraînement aux armes. Donc après avoir
appris quelques rudiments de l'utilisation des armes, ils étaient
affectés dans des bureaux et des taches administratives.
Avec
la guerre, les conditions d'exemption sont devenues de plus en plus
draconiennes car l'armée avait besoin d'un maximum de soldats
comme le montre cette
étude statistique
ainsi que le texte intégral de la
loi du 13 avril 1916
- 11 –
J'ai un peu de mal à comprendre le parcours militaire de mon
ancêtre : on parle d'active, de passage dans la réserve...
Pour
comprendre le parcours militaire d'un ancêtre lisible dans le
registre matricule, le plus simple (mais pas le plus facile), est de
lire le texte de loi sur le service militaire valable à la
date où votre ancêtre portait l'uniforme. Les trois
principales lois furent , 1889, 1905 et 1913 (cette dernière
ne faisant que modifier certains points de la précédente).
Pour
faire simple : un homme a des obligations militaires bien plus
longues que le simple service militaire. Un homme qui fait son
service militaire est dans l'armée d'active ; à sa
libération, il passe dans la réserve de l'armée
d'active, c'est-à-dire qu'il devra compléter les rangs
d'un régiment d'active à la mobilisation. Plus vieux,
il passe dans l'armée territoriale, engagée dans des
unités qui ne sont pas faites théoriquement pour aller
en première ligne. Plus tard encore, il est inscrit à
la réserve de l'armée territoriale qui complète
les rangs de l'armée territoriale ou fournissent les gardes de
voies de communication dans le pays (ou G.V.C.). Le temps passé
dans chaque état dépend de la loi.
- 12 –
Dans quel type d'unité mon ancêtre a-t-il été
mobilisé ?
Les possibilités
sont multiples. Voici quelques exemples.
RI : Régiment
d'infanterie
RIT : Régiment d'infanterie territoriale, pour
les plus anciens. Troupes normalement affectées dans les
secteurs calmes ou à des missions subalternes.
Normalement...
ETEM : Escadron du Train et des Equipages
militaires. Troupes chargées du transport.
SIM : Section
d'infirmiers militaires
SSEM : Section de secrétaires
d'Etat major
SCOA : Section de commis et d'ouvriers
d'administration
RA : Régiment d'artillerie
- 13 – Tous
les hommes ne sont pas arrivés le même jour à
leur caserne en août 1914. Pourquoi et comment savait-il quoi
faire ?
Les
hommes qui arrivaient à la caerne lors de la mobilisation
devaient-être équipés, logés... Le plan de
mobilisation était bien organisé, mais il n'était
ni possible ni utile de faire venir tous les hommes le même
jour. Les arrivées furent donc étalées : les
premiers arrivés partirent rapidement pour le front, d'autres
arrivèrent alors et restèrent au dépôt
jusqu'à leur départ pour le front en renfort.
Les
hommes savaient quoi faire car ils possédaient tous un livret
militaire dans lequel se trouvait le fascicule de mobiliation. Cette
carte indiquait tout ce qu'ils devaient savoir : lieu où
aller, à quelle date et avant quelle heure. Elle était
mise à jour au fur-et-à-mesure de leur changement
d'état (voir question 11).
- 14 – Pourquoi
mon ancêtre a-t-il fait son service militaire ou a-t-il été
mobilisé avant ses 20 ans ?
On
pouvait s'engager dans l'armée à partir de l'âge
de 18 ans. C'était un moyen de choisir son arme (infanterie,
artillerie, cavalerie...). Pendant la guerre, ce fut le moyen
d'échapper à l'infanterie. Sinon, à 20 ans, lors
de l'appel de sa classe, on était envoyé où les
besoins étaient...
- 15 –
Pourquoi mon ancêtre est-il passé d'un poste à
l'arrière (secrétaire ou ouvrier d'administration) à
un régiment d'infanterie ?
En
1914, les pertes des premiers mois furent terribles. Il fallut
trouver des troupes disponibles. Dès le 9 septembre 1914,
un décret fait repasser devant le conseil de révision tous les hommes
réformés ou exemptés des anciennes classes. Un décret du 26 septembre de la même année fait aussi passer devant ce conseil les hommes du service auxiliaire.
Mais il y avait encore de nombreux hommes
mobilisés affectés à des postes à
l'arrière, voire de retour dans leurs usines. La loi
Dalbiez d'août 1915 visa à
enlever les hommes jeunes des postes à l'arrière et à
les remplacer par des plus âgés ou par des hommes ayant
plusieurs enfants. Une seconde loi, plus stricte fut mise en place en
1917, la loi Mourrier.
Voir
le texte intégral de la loi Dalbiez
Voir
le texte intégral de la loi Mourrier
ETAPE 3 : RETRACER LE PARCOURS D'UN ANCÊTRE :
- 16 –
J'ai les informations du registre matricule. Elles ne sont pas
très précises !
Il est vrai
que si un ancêtre n'a pas été décoré
ou blessé, les informations sont succinctes. A part ses
mutations, il sera difficile d'en savoir plus si la famille n'a pas
conservé de documents (lettres, photographies, souvenirs).
-
17 – Comment exploiter les
quelques informations du registre matricule ?
Les mutations
donnent de précieuses indications sur les unités dans
lesquelles tout soldat a été. Datées, elles
permettent en recoupant avec les historiques des régiments
auxquels il a appartenu, d'en savoir un peu plus.
- 18 –
Qu'est-ce qu'un historique de régiment ?
Il
s'agit d'un livre rédigé juste après la guerre
pour raconter l'histoire du régiment. Il en fut rédigé
pour la quasi totalité des unités (infanterie,
artillerie...). Mais ils sont de qualité inégale (on ne
trouvera pas les mêmes détails dans un livre de 8 pages
ou dans un livre qui en a plus de 100). On y trouve les faits d'arme
mais surtout les mouvements de l'unité.
Liste
des historiques disponibles sur Internet
-
19 – Mon ancêtre a-t-il
participé à tout ce qui est écrit dans
l'historique de son régiment ?
Déjà,
il est important de bien prendre en compte sa date d'arrivée
au régiment et, éventuellement, sa date de mutation
vers une autre unité. Ensuite, un régiment est composé
de 3 bataillons de 1100 hommes chacun qui n'étaient pas
forcement affectés au même endroit. L'historique donne
parfois ce genre d'informations, encore faut-il savoir à quel
bataillon le soldat était affecté. Il convient donc de
ne pas tirer de conclusion hâtive. En l'absence d'informations
complémentaires (blessure, citation, document familiaux), on
en restera à l'utilisation du conditionnel. En Histoire,
les certitudes sont étayées par des preuves ; le plus
souvent dans notre recherche, on ne peut faire que des suppositions.
-
20 – « Mais y'a pas
tout sur Internet » ?!
Internet, au même
titre que les livres et autres documents, peut être une source
d'informations intéressante. Internet permet d'accéder
à des sources plus facilement qu'avant (par exemple pour les
historiques ou un forum de discussion). Mais il convient de bien
faire attention : tout ce qui est sur Internet n'est pas
obligatoirement fiable. Il est important de toujours vérifier
les sources et de les citer.
-
21 – Où trouver la photographie de mon ancêtre
?
A moins de disposer d'un cliché
dans les archives familiales, oubliez l'idée de trouver une
photographie d'un ancêtre, surtout si vous ne connaissez pas
son visage en commençant votre recherche. Certes, il y a des
sites où on peut voir des photographies de groupe, mais autant
chercher une aiguille dans une botte de foin. Les jeunes hommes
n'étaient pas photographiés lors de leurs
incorporations. Il y a bien d'autres sources, mais elles sont rares
et difficiles à trouver.
- 23 –
Sur le registre matricule, on trouve des indications de campagne
double et de campagne simple. Qu'est-ce que cela veut dire ?
Ce
système permettait de calculer les pensions. La campagne
double, comme son nom l'indique, double la bonification.
La campagne
double concerne les périodes au front, dans la zone des
Armées.
La campagne simple désignait les périodes
où le soldat était à l'arrière, loin du
front. Ainsi, un homme au dépôt, en convalescence après
une blessure, dans une unité à l'arrière (COA
par exemple) voit son registre annoté CS (pour Campagne
simple).
Ce sont des indications précieuses pour retracer
son parcours.
-
24 – Mon ancêtre a sans arrêt changé de
régiment. Qu'est-ce que cela signifie ?
Les
mutations étaient fréquentes. En particulier après
une blessure ou après que la jeune recrue ait fait ses
classes, il quittait le dépôt du régiment où
il se trouvait pour aller en renoftr dans un autre régiment au
front. Mais il y avait d'autres motifs de changement d'unité.